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Une demande forte : quand l’IAGen a un véritable impact sur les clients 

Disposer d’une stratégie forte incluant l’IAGen dans son offre est une chose. Mais cette stratégie n’a de sens que si elle conduit à un impact certain sur les clients et le marché, et en particulier sur l’ensemble de la demande. Un volet sur lequel nombre d’entreprises du numérique développent déjà des convictions fortes. 

Cet article est extrait du livre blanc « L’impact de l’intégration de l’IA générative dans l’offre des ESN/ICT et éditeurs de logiciels/plateformes » publié et édité par Numeum.

Les chiffres sont éloquents. Selon le baromètre édité par Numeum portant sur l’intégration et la commercialisation de l’IAGen par les éditeurs de logiciels et ESN/ICT, pas moins de 80 % des sondés constatent des changements quant aux demandes des clients suite à l’arrivée de la technologie sur le marché. Et cela, en indépendance totale avec le fait d’avoir déjà intégré ou non cet élément dans sa propre offre.  

Qu’il s’agisse d’améliorer l’expérience client, de répondre plus vite à la demande ou de dégager de nouveaux facteurs différenciants, l’IAGen possède de sérieux atouts pour qui l’a déjà intégrée dans son offre logicielle ou de prestation de services. C’est pourquoi nombre d’entreprises définissent leurs offres selon la typologie du secteur visé et du client. Par extension, si nombre de logiciels intègrent l’intelligence artificielle, éventuellement générative, pour apporter une meilleure relation client, les sociétés de services s’attachent à déterminer les innovations clés afin de les ajouter aux projets des sociétés intéressées.  

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Développer l’IAGen.

Pour répondre à cette demande, certaines ESN comme Smile ont pris les devants. Marc Palazon, Président de Smile, explique : “Notre stratégie se forme autour de plusieurs grands axes. Nous avons lancé une offre/practice dédiée en IA qui accompagne nos clients depuis 1 an. La mission est d’offrir toutes les expertises permettant de construire une culture IA à tous les niveaux chez nos clients, améliorer la productivité des équipes clients, mieux exploiter globalement la data et créer de nouvelles expériences performantes.« 

Une maturité certaine  

« Le second point a été de définir une stratégie qui vise à déployer l’utilisation de l’IA dans l’ensemble de nos offres et expertises en nous appuyant sur nos partenaires technologiques et en enrichissant les technologies Open Source avec ces innovations. En somme, notre but est de connaître parfaitement ces innovations et de déterminer dans quelle mesure nous sommes en capacité d’en rajouter dans le cadre des intégrations de projets pour mieux servir la performance de nos clients”, ajoute le responsable.

De l’aveu des experts, une certaine maturité commence à se développer dans l’ensemble des entreprises, même hors de l’écosystème numérique. Nombre de marchés ont déjà identifié des cas d’usages réellement précis intégrant l’IAGen avec des demandes matérielles particulièrement ciblées. Aussi, les clients commencent réellement à équilibrer le coût relatif à l’utilisation de la technologie au regard des gains réalisés.   

Les ESN sont ainsi désormais sollicitées sur des projets structurants en lien direct avec leurs besoins, plus opérationnels. Et non plus seulement sur des Proof of Concept ou liés à des approches dites de découverte. “L’intelligence artificielle générative est un moyen pour les entreprises de se challenger elles-mêmes. Cela leur permet de réaliser des économies certaines par rapport à leur utilisation actuelle et leur fonctionnement. La technologie permet d’automatiser des tâches, de remplacer des sous-traitants, soit leurs propres ressources sur une partie du travail qu’elles peuvent réaliser pour les faire travailler sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. Les clients sont donc en recherche de saving et d’optimisation des process internes. Nous les aidons alors pour apporter les éléments les plus adaptés pour justement les aider à les mettre en place”, précise Marc Palazon.  

Une demande de passage à l’échelle

Un avis partagé par l’ensemble de l’écosystème. De nombreuses entreprises sont passées d’un état de surprise face à l’émergence de l’intelligence artificielle générative, à une demande de passage à l’échelle. Jacques Pommeraud, Président-directeur général d’Inetum, explique : “Les entreprises demandent à passer à l ‘échelle pour obtenir une meilleure productivité. Dans quelques mois, elles constateront les premiers impacts de leur stratégie. Face à cela, leurs concurrents vont éventuellement constater leur retard, et demander à utiliser la technologie. Nous constatons une lucidité nouvelle de nos clients sur le sujet de l’IA générative”. 

Les organisations ont donc mûri et réalisent que les choix technologiques ne sont pas déconnectés de leur réalité comptable. Elles demandent toutefois à ce que cette intégration se répercute sur leurs comptes de résultat. Le sujet de l’acculturation est certes toujours présent mais de nouvelles portes s’ouvrent avec une lucidité nouvelle. 

Un impact sur le marché

Isabelle Lamaison Donato, Directrice Innovation France d’Inetum et administratrice de Numeum, confirme : “l’IA générative a un impact sur le marché de l ‘IA au sens large. C’est-à-dire que cela a réouvert le champ des possibles des entreprises dans leur réflexion. Les clients demandent désormais à disposer de réelles feuilles de route. Le prisme a véritablement pris un peu de recul. L’approche a donc fluctué. Des outils tels que ChatGPT ont changés la donne, puisque tout le monde s’est intéressé au sujet. A présent, les clients, estiment qu’il y a de la valeur à dégager de l’intégration de l’IA. Désormais, les entreprises se focalisent sur 4 ou 5 cas d’usages qui ont de la valeur et de l ‘impact sur le business”.   

L’écosystème tente de disposer d’instruments pour mesurer les impacts quantitatifs de l’utilisation de l’IAGen. En particulier dans le domaine de l’ingénierie logicielle. C’est pourquoi nombre d’éditeurs de logiciels se questionnent sur la mise en place de sondes capables de savoir dans quelle mesure un nouvel outil peut apporter des avantages comparatifs par rapport à un concurrent. 

Certains secteurs encore prudents

Emmanuel Helbert, Innovation Manager Alcatel-Lucent Enterprise, explique : “Le chatbot est un outil qui a beaucoup de valeur pour nos clients. Il permet d’accéder facilement aux informations de notre documentation en langage naturel. Il est capable de récupérer des informations sur la livraison, les achats, les commandes au sein d’un datalake. La nouvelle génération d’intelligence artificielle améliore ces processus. Les clients sont plutôt curieux sur notre stratégie d’intégration des technologies IA. Nombre d’entre eux ne sont pas forcément encore prêts à s’engager sur des projets structurants en la matière mais cherchent à savoir si nous pouvons être le bon interlocuteur”. 

Pour autant, certains secteurs, en particulier industriels, demeurent prudents quant à l’utilisation généralisée de l’IAGen. Ils ne considèrent pas tous la technologie comme porteuse d’une véritable révolution mais comme un apport circonstancié de valeur au sein de sa propre chaîne. 

Toujours est-il que les entreprises clientes adoptent des voies multiples. Thierry Grenot, CEO d’Agora Software explique : “Nos clients éditeurs de logiciels ont actuellement deux approches. Les premiers considèrent que l’IA générative représente un core product intégrable à leurs outils et licences. D’autres estiment qu’il est important d’attendre que des usages se développent et cherchent d’éventuels bénéfices ou voies d’adoption. Ils commercialisent le produit en tant que service additionnel. Le manque d’adoption généralisée chez les éditeurs peut également s’expliquer par le fait que son intégration dans un produit impacte la feuille de route de développement. Il existe donc une question de charge de travail sous-jacente à cette problématique.” 

L’Open source pour des intelligences qui s’inscrivent dans les communs 

Dans ce concert d’innovations, l’Open source représente l’un des moyens pour une entreprise d’avancer rapidement tout en utilisant des ressources communes. Depuis plusieurs années déjà, les Large Language Models (LLM), ces grands modèles de langage et d’apprentissage automatique capables de comprendre et de générer des textes en langage humain, peuvent utiliser les mécaniques de l’Open source. Le sondage réalisé par Numeum portant sur l’intégration et l’utilisation de la technologie ne s’y trompe d’ailleurs pas. Pas moins de 53 % des sondés utilisent l’Open source pour fournir des services d’intelligence artificielle générative. 

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Dans ce cadre, ce mode se présente comme un réel facteur d’innovation. L’Open source se nourrit d’IA et vice versa, dans la mesure où les deux phénomènes sont éminemment compatibles.  

Marc Palazon, Directeur général de Smile, explique : “L’intelligence artificielle va être un moteur de d’expansion de l’Open source dans le sens où il dispose lui-même d’un accès facilité à nombre de technologies. L’Open source constitue donc incontestablement un facteur d’innovation qui permet d’imposer des standards, d’innover et d’encourager l’accès à la technologie. En somme, l’Open source va se nourrir d’IA, tout comme l’inverse. Les deux phénomènes sont très compatibles”. 

Cet article est extrait du livre blanc « L’impact de l’intégration de l’IA générative dans l’offre des ESN/ICT et éditeurs de logiciels/plateformes » publié et édité par Numeum.

Olivier Robillart